LE POLYPTYQUE EN  |  FR
 Retour catalogue Imprimer la notice

Gabriel Revel

Château-Thierry 1643 - Dijon 1712

Allégorie du Conseil

1707

Huile sur toile, 167,2 x 67,5 cm. Signée et datée « G. REVEL PINXIT. 1707 » en bas à gauche

Provenance : collection privée ; Rueil-Malmaison, Joron-Derem, 17 octobre 2010 ; Paris, collection Le Polyptyque ; Boston (Mass.), collection privée.

Bibliographie comparative : Dominique Brême, « La peinture en Bourgogne au 17ème siècle : Gabriel Revel et la diffusion de l’art officiel », Mémoires de l’Académie de Dijon, vol. CXXV, 1981-1982.

Gabriel Revel, né dans une famille de peintres à Château-Thierry, travaille à Paris au côté de Le Brun, Premier Peintre de Louis XIV : d’abord à la Manufacture des Gobelins, au début des années 1670 ; et très probablement au plafond de la galerie des Glaces (1679-1687) à Versailles. Reçu à l’Académie en 1683, il s’installe définitivement à Dijon vers 1687, et pendant un quart de siècle en sera le peintre prééminent.

Ses œuvres de chevalet sont rares, du fait de son travail aux Gobelins et à Versailles, d’une production limitée ensuite, grâce à des prix élevés, et de l’oubli ou de la négligence dont ses portraits ou toiles d’église ont été souvent victimes.

Ce tableau en excellent état, sur sa toile d’origine, est une Allégorie du Conseil : reconnaissable notamment, selon les termes de l’Iconologie de Cesare Ripa (traduite et adaptée par Jean Baudoin) à sa « longue robe d’écarlate », à sa « chaîne d’or, où pend un cœur pour médaille » – en simplifiant, le bon conseil vient du cœur, et vaut de l’or –, au livre qu’il tient à la main et à la chouette, l’animal de Minerve déesse de la Sagesse, qui se tient à ses pieds.

L’art de la France de Louis XIV est essentiellement rhétorique, un art de l’éloquence – la même année 1707, Revel peint d’ailleurs une Allégorie de l’Éloquence (Liban, collection privée) – et de la persuasion. Revel tient ici un « discours sur la sagesse » qui ne s’en tient pas à l’énumération de ses attributs. Il donne au regard une intelligence, aux mains une finesse, au coussin même une ductilité, pour ne pas dire une subtilité, qui consciemment ou non renvoient aux joies du livre et de l’esprit…