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Willem van de Velde le jeune

Leyde 1633 - Londres 1707

Trois-mâts

1664

Crayon noir sur papier, 30,5 x 18,5 cm. Inscription ou monogramme « W.V.V.J » à la plume et encre brune en bas à droite

Provenance : William Mayor (marque de collection Lugt 2799 en bas à gauche) ; Londres, Sotheby’s, 6 juillet 2010.

Bibliographie comparative : Richard E. J. Weber, The Artistic Relationship between Willem van de Velde the Elder and his son, Master drawings, vol. XVII n° 2, 1979.

Van de Velde le jeune est, avec van de Capelle, l’un des deux grands peintres de marine hollandais au 17ème siècle. Sa renommée ayant été constante, beaucoup de ses dessins, quand ils n’étaient pas gâtés par l’humidité des premiers moments, l’ont été par leur exposition à la lumière. En dehors du National Maritime Museum à Greenwich et du musée Boijmans Van Beuningen à Rotterdam, ils sont assez rares, et plus encore ceux qui subsistent en bon état.

Son père, Willem van de Velde l’ancien, peignait des marines en grisaille (couleur ivoire, en fait) à la plume sur bois ou sur vélin. Son frère cadet, Adrien, se détourna de la mer pour peindre quelques-uns des plus beaux tableaux du « Siècle d’Or » hollandais. Son décès prématuré à trente-six ans, en 1672, incita peut-être les deux Willem, père et fils, à s’installer en Angleterre. La même année débutait la troisème et dernière guerre anglo-hollandaise (et l’invasion de la Hollande par Louis XIV) à la fin de laquelle, en 1674, ils devinrent officiellement « peintres de la marine » de Charles II.

Ce dessin date probablement des prémisses de la guerre précédente, en 1664. La flotte hollandaise stationna tout l’automne en rade de Goeree, le plus au nord des quatre bras du Rhin qui enserrent la province de Zélande. Un tableau du même Willem van de Velde le jeune, au musée Thyssen à Madrid, montre une partie de cette flotte. Le trois-mâts au centre de la composition, les Trois Preux de David (un nom qui rappelle combien la lecture de la bible imprégnait la Hollande du 17ème siècle), présente nombre de similitudes avec le nôtre.

Le navire est à l’ancre, voiles carguées, se préparant à la revue, ou à la visite de quelque dignitaire. Sur les vergues de menues silhouettes s’affairent. À tribord glisse une barque. L’ensemble du dessin laisse une impression de calme, par l’équilibre de la composition (dont l’orthogonalité n’est pas, à nos yeux modernes, sans rappeler cet autre hollandais, Mondrian), mais aussi de vie, par le frémissement du trait. Ce sont ces qualités qui ont attiré l’œil du marchand et collectionneur William Mayor. De 1826 à sa mort en 1874, il fut une personnalité marquante du monde du dessin. « Il se réservait – nous dit Frits Lugt – un choix des meilleurs dessins qui passaient entre ses mains », et dans la préface au catalogue de sa collection, déclarait s’en être tenu à « quelques spécimens authentiques et choisis de chacun des grands maîtres ».