LE POLYPTYQUE EN  |  FR

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Beyond Caravaggio
4 décembre 2016

Beyond Caravaggio, à la National Gallery de Londres, ne prétend ni révéler un savoir, ni renouveler une vision - de telles expositions sont-elles encore concevables ? Elle offre, simplement, une sélection intelligente d'oeuvres caravagesques conservées en Grande Bretagne et en Irlande. Mais une oeuvre a traversé l'Atlantique et pour elle, il faut traverser la Manche : le Saint Jean-Baptiste de Caravage lui-même, à Kansas City.

Un autre Caravage est venu de Dublin, L'Arrestation du Christ réapparue en 1993, toute de violence contenue, où l'articulation des formes, les jeux de lumière, la gamme chromatique concourent parfaitement à l'effet.

Enfin Le Repos pendant la fuite en Egypte d'Orazio Gentileschi, à Birmingham, amène à penser que si Caravage est désormais et depuis une cinquantaine d'années un incontournable de l'histoire de l'art, Gentileschi touche plus aisément notre sensibilité contemporaine. On est en présence, à certains égards, d'une "installation"... Voyez aussi le lit de Danaé, record de cet artiste en ventes publiques, qui vaut bien My bed, de Tracey Emin !


La collection Tessin
9 novembre 2016

Le Louvre expose la collection d’un amateur d’art contemporain…mais qui savait aussi apprécier l’art moderne, celui du siècle précédent, et même de l’art ancien.

Lors de ses différents séjours à Paris, entre 1714 et 1749, l’aristocrate suédois Carl Gustav Tessin achète Lancret, Pater, Boucher, Chardin, Oudry… Tableaux exécutés à la commande ou frais sortis de l’atelier, qui permettent après trois siècles ou presque de redécouvrir cette peinture dont le goût fut particulièrement cyclique : parfois décriée, puis qu’on redécouvre, cette fois encore, avec un vrai plaisir.

Mais Tessin achetait aussi des peintures du siècle précédent, par exemple une remarquable Jeune femme de profil de Rembrandt. Et des dessins plus anciens, dont une non moins remarquable Jeune femme aux cheveux tressés de Dürer.

De quoi susciter des vocations de collectionneur, peut-être !


Fantin-Latour
2 septembre 2016

Le Musée du Luxembourg accueille Fantin-Latour. On en retire l’impression d’un peintre sensible, parfois somptueux (le Portrait de Charlotte Dubourg). A certains égards l’anti-Cézanne, dont il est le contemporain. Ce dernier, portraiturant Vollard, lui demandait de « se tenir comme une pomme ». Fantin-Latour au contraire : « On peint les gens comme des pots de fleurs (…), mais l’intérieur ? L’âme est une musique qui se joue derrière le rideau de chair ».

A propos de pots de fleurs, il est intéressant de rapprocher une nature morte de 1862, Narcisses et tulipes, du Petit bouquet tricolore d’Odilon Redon, dans ce qu’on pourrait appeler la veine contemplative du symbolisme.


Musées de la Côte Est
21 août 2016

Deux instantanés d’un parcours des musées américains de la côte Est. Le premier à Harvard : Le Portrait de Victor Chocquet par Renoir, intéressant à plusieurs titres. On y voit, comme dans peu de portraits, le rapport direct et confiant, amical, entre l’artiste et le modèle. Mais aussi l’acuité du regard, en même temps que la rêverie, du collectionneur. Au second plan, une esquisse de Delacroix, pour une lunette du Salon de la Paix de l’Hôtel de Ville, rappelle une Etude du même type dans la collection Le Polyptyque.

Le second à Philadelphie : Le Museum of Art est un des plus majestueux, et des plus intéressants, des Etats-Unis. La galerie de l’étage expose lHistoire de Constantin, 12 tapisseries sur des cartons de Rubens et de Pierre de Cortone. Il est amusant de distinguer le style des 2 artistes. Mais il est amer de réaliser qu’il s’agit, en tout cas pour les premières, d'un cadeau du Roi Louis XIII au Cardinal Francesco Barberini, légat (et neveu) du Pape Urbain VIII. Que de trésors ont ainsi traversé l’Atlantique qui sont un morceau de l’histoire européenne...