LE POLYPTYQUE EN  |  FR

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Sisley à Aix-en-Provence
12 juillet 2017

L’exposition Paris-Tokyo (voir ci-dessous) permet de voir un chef-d’œuvre de Sisley, d’autres vous attendent au Centre d’Art Caumont, à Aix-en-Provence.

Comme Bonington, Sisley, s’il vit surtout en France, a gardé la nationalité britannique. Est-ce une raison de le reléguer en « seconde division » de l’impressionnisme ? Ou le fait qu’il se soit restreint à la peinture de paysage ? Mais il y atteint à de vraies réussites, que ce soit par l’audace de la composition (Sous le pont de Hampton Court) ou l’éclat des couleurs (Chantier à Saint-Mammès). Au mouvement américain « Renoir sucks », qui semble s’essouffler, on pourrait substituer, de ce côté de l’Atlantique, « Sisley glows ».

L’intérêt de ces expositions monographiques est certes de prendre la mesure d’une œuvre, le cas échéant de la réévaluer, mais aussi, plus simplement, de rapprocher des chefs-d’œuvre de collections ou de musées qu’on ne visitera peut-être jamais : le premier de ces deux tableaux vient de Winterthur, canton de Zurich, le second de Columbus, Ohio…


Dessins génois du Louvre
25 juin 2017

Le Louvre expose une sélection de ses dessins génois du 16ème au 18ème siècle. Deux des artistes exposés, Luca Cambiaso et Domenico Piola, qui chacun à leur époque dominaient la scène artistique génoise, figurent dans la collection Le Polyptyque. De ce dernier, La Découverte de Romulus et de Remus est un sujet qu’on retrouve dans un dessin du Louvre, d’une composition différente, d’une qualité moindre, et dont l’attribution varie.

Cette exposition rappelle la richesse sans égale du dessin italien, quand on réalise que Gênes n’était jamais qu’un des 5 ou 6 centres artistiques majeurs de la péninsule : une diversité synonyme d’émulation constante, pour les artistes de l’époque, et d’opportunité, pour les collectionneurs d’aujourd’hui.


Peindre la banlieue
11 juin 2017

L’exposition Peindre la banlieue, de Corot à Vlaminck est passée du Musée de Rueil-Malmaison à celui d’Issy-les-Moulineaux (jusqu’au 13 août). On y voit le produit de la vie moderne pressentie par Baudelaire, et de la peinture sur le motif développée à Barbizon.

Corot évite la ville et quand il peint la banlieue, le plus souvent les maisons sont à-demi cachées, c’est le cas dans L’Etang à l’arbre penché du Musée de Reims, présent dans l’exposition, comme dans Faneuses à Ville d’Avray, qui fit la couverture du premier catalogue Le Polyptyque.

Jusqu’en 1900 environ la banlieue est une campagne proche, mais distincte, de la ville. Des peintres dont le nom ne se trouve plus guère qu’au fronton d’un lycée… de banlieue, comme Maurice Eliot à Epinay-sous-Sénart, étaient d’abord des peintres de la vie rurale. Après 1900, c’est plus une excroissance urbaine, et c’est ainsi que la voit, notamment, Vlaminck.


A propos de Venise
28 mai 2017

Venise est une fête, quelque Hemingway du 18ème siècle l’a certainement écrit, il serait intéressant d’ailleurs de suivre la fête, au fil des siècles, de ville en ville : Florence, Venise, Vienne, Paris, New York…

Commencez par l’exposition Sérénissime (jusqu’au 25 juin) au Musée Cognacq-Jay : un bijou muséographique. Peu d’œuvres, peu d’espace, mais parfaitement mis(es) en valeur. Visitez, dans la foulée, les collections du musée - l'ancienne collection des Cognacq-Jaÿ, fondateurs de la Samaritaine - et goûtez la cuisine végétarienne du café éphémère, installé jusqu’au 1er octobre dans la cour de l’hôtel Donon.

Poursuivez à Londres avec l’exposition Canaletto (jusqu’au 12 novembre) à la Queen’s Gallery, une annexe de Buckingham Palace. Là au contraire beaucoup d’œuvres, beaucoup d’espace, un peu comme les galeries princières des tableaux de Teniers ou de Pannini. Le tout est somptueux, et le détail savoureux.

Venise exerçait une sorte de « soft power » avant la lettre, qui conduisit George III à acheter en bloc la collection du consul Smith, encore aujourd’hui le plus grand ensemble au monde de peintures et dessins de Canaletto.

L’exposition permet aussi de (re-)découvrir des artistes de second plan, mais de premier ordre, comme Sebastiano Ricci. En art aussi, l’arbre tend à cacher la forêt, et c’est pourquoi, malgré tant d’œuvres dans les musées, constituer une collection est encore possible.