LE POLYPTYQUE EN  |  FR

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Fantin-Latour
2 septembre 2016

Le Musée du Luxembourg accueille Fantin-Latour. On en retire l’impression d’un peintre sensible, parfois somptueux (le Portrait de Charlotte Dubourg). A certains égards l’anti-Cézanne, dont il est le contemporain. Ce dernier, portraiturant Vollard, lui demandait de « se tenir comme une pomme ». Fantin-Latour au contraire : « On peint les gens comme des pots de fleurs (…), mais l’intérieur ? L’âme est une musique qui se joue derrière le rideau de chair ».

A propos de pots de fleurs, il est intéressant de rapprocher une nature morte de 1862, Narcisses et tulipes, du Petit bouquet tricolore d’Odilon Redon, dans ce qu’on pourrait appeler la veine contemplative du symbolisme.


Musées de la Côte Est
21 août 2016

Deux instantanés d’un parcours des musées américains de la côte Est. Le premier à Harvard : Le Portrait de Victor Chocquet par Renoir, intéressant à plusieurs titres. On y voit, comme dans peu de portraits, le rapport direct et confiant, amical, entre l’artiste et le modèle. Mais aussi l’acuité du regard, en même temps que la rêverie, du collectionneur. Au second plan, une esquisse de Delacroix, pour une lunette du Salon de la Paix de l’Hôtel de Ville, rappelle une Etude du même type dans la collection Le Polyptyque.

Le second à Philadelphie : Le Museum of Art est un des plus majestueux, et des plus intéressants, des Etats-Unis. La galerie de l’étage expose lHistoire de Constantin, 12 tapisseries sur des cartons de Rubens et de Pierre de Cortone. Il est amusant de distinguer le style des 2 artistes. Mais il est amer de réaliser qu’il s’agit, en tout cas pour les premières, d'un cadeau du Roi Louis XIII au Cardinal Francesco Barberini, légat (et neveu) du Pape Urbain VIII. Que de trésors ont ainsi traversé l’Atlantique qui sont un morceau de l’histoire européenne...


Week-end à Madrid
5 juin 2016

Quelques villes, qu’on pourrait qualifier de « hubs » artistiques, permettent, en croisant les calendriers, de voir à la fois plusieurs expositions de haut niveau. C’est le cas ce week-end à Madrid, avec le début de Jérôme Bosch et la fin de Georges de La Tour, l'une et l'autre au Prado, et Dessiner Versailles, au Caixaforum.

Cette dernière exposition présente les dessins et les cartons de Charles Le Brun pour le décor de l’escalier des ambassadeurs (aujourd’hui disparu) et le plafond de la galerie des glaces. Le premier est illustré par l'agrandissement d’une gravure, le second au contraire par une photographie en réduction qui permet de lire ce décor plus facilement qu'in situ... et de réaliser que l’art conceptuel ne date pas d’aujourd’hui.

Car outre que tout art, peut-être, est naturellement « conceptuel », l’allégorie, au 17ème siècle, tient parfaitement ce rôle. En témoigne cette toile très actuelle aussi par son thème : L’ordre rétabli dans les finances !


Chefs-d'oeuvre de Budapest
17 avril 2016

Le Musée du Luxembourg accueille une sélection des oeuvres du Musée de Budapest. On est tenté de se livrer, à l'échelle de cette sélection, à l'exercice auquel se livre, à celle de l'Amérique du Nord, Pierre Rosenberg dans son livre En Amérique seulement : quelle oeuvre y trouve-t-on qui n'a d'équivalent nulle part ailleurs, la plus unique, si l'on ose dire ?

Sans doute Tobie et l'Ange de Karel Dujardin, peintre hollandais, mais italianisant, du 17ème siècleOriginalité de la composition, si savante qu'elle touche à l'abstraction, raffinement des couleurs, ambiance minérale, tout y retient et surprend le regard.

Les « grands maîtres » ne sont pas toute la peinture, ni Rembrandt ou Vermeer tout le siècle d'or hollandais : parfois un artiste moins connu peut les égaler. C'est un des plaisirs de la collection, et ce n'est pas un hasard si ce tableau a été donné au musée par un des marchands et collectionneurs les plus avertis de la Belle Epoque, Marcell Nemes.