LE POLYPTYQUE EN  |  FR

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Du dessin au tableau au siècle de Rembrandt
10 février 2017

La fondation Custodia, héritière du collectionneur et expert Frits Lugt, auquel on doit le répertoire des marques de collection de dessins et d'estampes, présente une exposition sur le thème du dessin préparatoire au tableau.

C'est l'occasion, entre autres, de voir ensemble le portrait, venu d'Edimbourg, des jumeaux Clara et Albert de Bray, peints par leur grand-oncle Salomon de Bray, et son dessin préparatoire, venu de New York. On y retrouve le même tranquille émerveillement que dans le dessin de Cornelis de Vos passé dans la collection Le Polyptyque avant de rejoindre, à Francfort, le tableau correspondant.

Dans le dessin de Salomon de Bray, les jumeaux dorment dans un berceau tout simple mais dans le tableau, ils sont bien éveillés dans un berceau imaginaire, évoquant une conque marine où la draperie ondoie comme une vague : le tout (et la médaille qu'ils portent au cou) renvoyant à la célébration du baptême. L'art ne se regarde pas seulement, il se lit et procure, à nos âmes d'enfant, le plaisir d'un livre d'images.


Cy Twombly à Beaubourg
22 janvier 2017

Cy Twombly est un des rares artistes contemporains (mort en 2011) qui ait quelque chose à dire, peut-être à apprendre, aux amoureux de l'art classique. En surface, c'est un expressionniste abstrait, un tenant de l'action painting, un pur produit de l'Amérique. Au fond c'est un peintre d'histoire, si l'on reprend les classifications académiques. Comme Bernin le disait de Poussin (avec plus d'ironie sans doute qu'on ne l'imagine généralement), il travaille de la tête.

Comme Poussin d'ailleurs, c'est en s'expatriant à Rome qu'il a trouvé sa voie. Voyez l'exposition que lui consacre Beaubourg. Bien sûr ce sont des gribouillis : mais des gribouillis vécus, et pensés. L'anti-Magritte en quelque sorte, que Beaubourg, drôlement, expose en même temps. 


La collection Chtchoukine
2 janvier 2017

Les média nous ont donné les raisons d'aller voir, à la Fondation Vuitton, la collection Chtchoukine. S'il fallait n'en donner qu'une, ce serait de voir ou revoir le Déjeuner sur l'herbe de Monet.

C'est un des quelques tableaux au monde qu'il semble impossible de ne pas aimer, un tableau à contempler longuement, à détailler complètement, pour y trouver toujours de nouveaux bonheurs. De ceux dont aucune reproduction ne peut restituer la magie, plus encore : dont alors qu'il ne manque jamais d'émerveiller, aucune reproduction ne manque de décevoir, de choquer même. La vie n'y est plus, alors qu'elle est y est toute. 


Beyond Caravaggio
4 décembre 2016

Beyond Caravaggio, à la National Gallery de Londres, ne prétend ni révéler un savoir, ni renouveler une vision - de telles expositions sont-elles encore concevables ? Elle offre, simplement, une sélection intelligente d'oeuvres caravagesques conservées en Grande Bretagne et en Irlande. Mais une oeuvre a traversé l'Atlantique et pour elle, il faut traverser la Manche : le Saint Jean-Baptiste de Caravage lui-même, à Kansas City.

Un autre Caravage est venu de Dublin, L'Arrestation du Christ réapparue en 1993, toute de violence contenue, où l'articulation des formes, les jeux de lumière, la gamme chromatique concourent parfaitement à l'effet.

Enfin Le Repos pendant la fuite en Egypte d'Orazio Gentileschi, à Birmingham, amène à penser que si Caravage est désormais et depuis une cinquantaine d'années un incontournable de l'histoire de l'art, Gentileschi touche plus aisément notre sensibilité contemporaine. On est en présence, à certains égards, d'une "installation"... Voyez aussi le lit de Danaé, record de cet artiste en ventes publiques, qui vaut bien My bed, de Tracey Emin !