LE POLYPTYQUE EN  |  FR

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Portraits de Cézanne à Orsay
10 août 2017

On pourrait craindre de s’ennuyer, dans une exposition exclusivement consacrée au portrait, qui plus est de Cézanne dont on connaît l’apostrophe à Vollard, pendant une séance de pose : « Il faut se tenir comme une pomme ! ». Du portrait considéré comme une nature morte, donc.

Au contraire, d’avoir focalisé sur ce thème permet de comprendre que ce qui intéresse Cézanne dans un portrait, comme dans une nature morte ou un paysage, c’est finalement la peinture elle-même, plus que la personne. « Dévitaliser », en quelque sorte, ses personnages, c’est au fond un premier pas vers l’abstraction.

Au passage, on réalise non seulement que Cézanne ouvre la voie au cubisme (Portrait d’Alfred Hauge, à West Palm Beach, Florida), mais aussi à Matisse (Madame Cézanne à la jupe rayée, à Boston) et Modigliani (Madame Cézanne en rouge, à Sao Paulo)...


Assessing the Old Master market
25 juillet 2017

Sur le blog Grumpy Art Historian, un point de vue de Michael Savage (dont il se trouve que comme les animateurs du Polyptyque, il vient du monde de la finance) sur le marché de l’art ancien.

Ne résistons pas au plaisir de citer sa conclusion : « It’s not a slight on old masters, or on the people who market them for a living, to say that the market is weak. I see it more as an indictment of the taste of the rich, but we shouldn’t take rich people’s taste too seriously. If you have even a little spare money you can buy pictures that really ought to be out of your league. Enjoy it while it lasts. »


Sisley à Aix-en-Provence
12 juillet 2017

L’exposition Paris-Tokyo (voir ci-dessous) permet de voir un chef-d’œuvre de Sisley, d’autres vous attendent au Centre d’Art Caumont, à Aix-en-Provence.

Comme Bonington, Sisley, s’il vit surtout en France, a gardé la nationalité britannique. Est-ce une raison de le reléguer en « seconde division » de l’impressionnisme ? Ou le fait qu’il se soit restreint à la peinture de paysage ? Mais il y atteint à de vraies réussites, que ce soit par l’audace de la composition (Sous le pont de Hampton Court) ou l’éclat des couleurs (Chantier à Saint-Mammès). Au mouvement américain « Renoir sucks », qui semble s’essouffler, on pourrait substituer, de ce côté de l’Atlantique, « Sisley glows ».

L’intérêt de ces expositions monographiques est certes de prendre la mesure d’une œuvre, le cas échéant de la réévaluer, mais aussi, plus simplement, de rapprocher des chefs-d’œuvre de collections ou de musées qu’on ne visitera peut-être jamais : le premier de ces deux tableaux vient de Winterthur, canton de Zurich, le second de Columbus, Ohio…


Dessins génois du Louvre
25 juin 2017

Le Louvre expose une sélection de ses dessins génois du 16ème au 18ème siècle. Deux des artistes exposés, Luca Cambiaso et Domenico Piola, qui chacun à leur époque dominaient la scène artistique génoise, figurent dans la collection Le Polyptyque. De ce dernier, La Découverte de Romulus et de Remus est un sujet qu’on retrouve dans un dessin du Louvre, d’une composition différente, d’une qualité moindre, et dont l’attribution varie.

Cette exposition rappelle la richesse sans égale du dessin italien, quand on réalise que Gênes n’était jamais qu’un des 5 ou 6 centres artistiques majeurs de la péninsule : une diversité synonyme d’émulation constante, pour les artistes de l’époque, et d’opportunité, pour les collectionneurs d’aujourd’hui.