LE POLYPTYQUE EN  |  FR

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Bernini à la Villa Borghese
23 février 2018

Il est triste de parler d’une exposition qu’on a vue dans ses derniers jours, que personne ne verra plus (mais que vous n’aurez pas manquée, si vous consultez régulièrement notre rubrique « A voir »).

Il en reste le catalogue, et celui de l’exposition Bernini (le Bernin) à la Villa Borghese est un modèle du genre, qui s’intéresse à la vie et l’œuvre du sculpteur, mais aussi à sa « fortune critique » et son milieu. Il en reste bien sûr aussi la Villa Borghese elle-même, unique par son emplacement, son architecture, son décor, et les trésors qu’elle abrite (y compris, à demeure, quelques chefs-d’œuvre du Bernin).

La dernière œuvre de l’exposition, et du Bernin, est un Christ bénissant redécouvert en 2001 dans un monastère des faubourgs de Rome. A certains égards il fait écho au Christ souffrant de la collection Le Polyptyque, qui lui est antérieur de plus d’un siècle et demi. Ce n’est pas étonnant : Eugenio d’Ors, entre autres, a souligné la conjonction stylistique du gothique finissant et du baroque.


A l'Ermitage Amsterdam
23 janvier 2018

On parle beaucoup du Louvre Abu-Dhabi, moins de l’Ermitage Amsterdam. Certes, il n’y a pas de collection permanente, mais depuis 2009 ce très ancien bâtiment abrite de longues expositions (généralement six mois) d’œuvres venues de Saint-Pétersbourg : jusqu’au 27 mai, une sélection du « Siècle d’Or », le 17ème siècle hollandais, privilégié dans les achats de Catherine II notamment.

On y trouve un Paysage d’hiver de Van Goyen, de la même période et dans les mêmes tons que le majestueux Paysage fluvial de la collection Le Polyptyque. Ce dernier, sur toile (une rareté), préserve mieux la magie des nuages filant à l’est que le panneau de bois, qui semble les agripper et freiner leur course.

On y trouve aussi, en haut à droite de l’un des tableaux les plus populaires de l’Ermitage, la Punition du chasseur de Paulus Potter, une scène qui n’est pas de lui, mais de Cornelis van Poelenburgh. Le premier, peintre animalier, a fait appel au second, plus versé dans la mythologie, pour illustrer l’épisode ovidien de Diane et Actéon. Les nus, les drapés, sont très proches du merveilleux Diane et ses suivantes de la collection Le Polyptyque. Là encore, le support importe : ce dernier, sur cuivre, est d’autant plus lumineux.

S’il fallait, de la soixantaine de tableaux exposés, n’en retenir qu’un, ce serait évidemment la Jeune femme à la boucle d’oreille de Rembrandt. On rêve d’une confrontation avec la Jeune fille à la perle de Vermeer : le peintre de l’ombre et du mouvement, celui de la lumière et de l’instant suspendu...


Museo Bardini et Museo Horne à Florence
18 janvier 2018

Où passer un « petit » week-end, un samedi plus un dimanche, à la dernière minute ? A Florence. Un vol de cent minutes, le centre-ville à dix minutes de l’aéroport, et concentrant plus de richesses artistiques qu’ailleurs toute une région.

Si vous y alliez si souvent que vous auriez le sentiment d’avoir tout vu, il y aurait encore, à deux minutes l’un de l’autre, deux musées « boutique », pourrait-on dire : la collection d’un antiquaire, au Museo Bardini ; la collection d’un érudit, au Museo Horne.

Bardini fut le principal achalandeur des Jacquemart-André, d’où un certain air de famille avec le musée parisien. Horne avait une prédilection pour les « primitifs italiens », dont un beau diptyque de Simone Martini de la même période (et de la même qualité) que le Calvaire d’Ugolino di Nerio dans le collection Le Polyptyque.


Matisse et Bonnard à Francfort
26 décembre 2017

Le Städel Museum, à Francfort, a eu la bonne idée de réunir en une exposition Bonnard et Matisse, deux peintres présents dans la collection Le Polyptyque. Comme c’est de surcroît un musée bien tenu, dans chaque salle on peut s’asseoir et consulter le catalogue. Déception : la couleur des reproductions pâlit devant les originaux. Et la couleur, chez Bonnard (sa vibration), les couleurs, chez Matisse (leur explosion), c’est quand même essentiel...

Donc allez-y (jusqu’au 14 janvier), voyez par vous-même, gorgez-vous de tableaux qu’on a peu l’occasion de voir, le Nu couché, fond de carreaux blancs et bleus de Bonnard (1909), presque un Lucian Freud ; L’Asie de Matisse (1946), qu’il avait prêté à Bonnard. Une admiration mutuelle, entre deux peintres au fond très différents, plus que l’émulation qui jouait entre Matisse et Picasso, c’est ce dont cette exposition porte le témoignage, sérieux mais roboratif.