LE POLYPTYQUE EN  |  FR

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Art Basel
18 juin 2015

Au premier jour d'Art Basel la foule déambule, bavarde, vaguement indifférente. Il est vrai que les VIP étaient à l'inauguration, la veille, et les super-VIP à la pré-inauguration, l'avant-veille. On se sent peu de chose, non tant face aux oeuvres, que face au système.

C'est d'une visite à la Fondation Beyeler, d'une longue conversation avec Ernst Beyeler en 2006, qu'est né Le Polyptyque. La magie du lieu, la légende de son fondateur, décédé en 2010, convainc musées et collectionneurs de prêter leurs chefs-d'oeuvre, comme c'est encore le cas pour l'exposition Gauguin (jusqu'au 28 juin 2015).

Devant le tableau le plus cher du monde, Quand te maries-tu ?, longtemps exposé au musée de Bâle et en partance, dit-on, pour le Qatar, on s'attarde forcément, avant de s'avouer qu'il n'est pas le plus beau. Mais bon, s'il est "iconique"...

De telles expositions monographiques sont précieuses. On y respire le parfum du peintre, qu'on saura mieux reconnaître. On y repère ses tenants (un bas-relief égyptien, sans doute, dans Le Marché) et aboutissants (dans le Portrait de Jeanne Goupil, peut-être, le premier Picasso). On y apprend, on y rêve, on y aime l'art.


Demeures écossaises
14 juin 2015

La visite de quelques demeures de la région des Borders, au sud d'Edimbourg, permet d'en admirer l'architecture néo-classique (Mellerstain House), l'opulence edouardienne (Manderston House), le romantisme des jardins (Monteviot House)... et de réfléchir aux notions de patrimoine et de collection.

Dalmeny House, près d'Edimbourg, propriété du comte de Rosebery, petit-fils d'un premier ministre de la Reine Victoria et d'une héritière Rothschild, abrite une collection de meubles, porcelaines et tapisseries de qualité muséale, et souvent de provenance royale.

Mertoun House, dans la vallée de la Tweed, propriété du duc de Sutherland, abrite une très belle collection de peintures (Diane et Callisto, d'Annibale Carracci, la Métamorphose du berger d'Apulie, de Claude Lorrain, ...). Les œuvres vraiment exceptionnelles (la Madone Bridgewater de Raphaël, la série des Sept sacrements de Poussin, ...) sont en prêt, depuis 1945, à la Scottish National Gallery.

Hannah de Rothschild était au 19ème siècle la plus riche héritière, et le duc de Sutherland le plus gros propriétaire foncier, du Royaume-Uni. Aujourd'hui ce sont les collections d'art, plus résistantes à l'érosion monétaire et fiscale, indifférentes aux évolutions sociologiques ou technologiques, qui constituent l'essentiel du patrimoine de leurs héritiers ou successeurs...


Les Clefs d'une passion
7 juin 2015

L'exposition de la Fondation Louis Vuitton semble vouloir trouver, à sa collection d'art contemporain, des antécédents dans la peinture moderne, mais ne se risque pas à la confrontation directe, qui pourrait être cruelle.

Plus que cette collection, c'est probablement le bâtiment lui-même, son architecture nautique et sylvestre, qui restera comme un monument du siècle : prouesse technologique, mais symbole désordonné, concrétisation d'une aspiration, plus que d'une inspiration.

Et plutôt que les Clefs (qu'elle ne livre pas) d'une passion (qu'on discerne mal), l'exposition pourrait s'intituler, plus simplement : Réunion de quelques chefs-d'oeuvre. Il faut y aller (jusqu'au 6 juillet 2015) voir ces icônes venues de Vence (L'Homme qui marche de Giacometti), d'Oslo (Le Cri de Munch), de New York (La Colonne sans fin de Brancusi et les 4 panneaux Campbell de Kandinsky), de Saint-Pétersbourg (les Carré, Cercle, Croix noir de Malevitch et La Danse de Matisse).


Week-end à Amsterdam
12 mai 2015

La saison des grands week-ends est de retour. A Amsterdam, les hôtels particuliers dont on voit sur les canaux, la façade étroite, cachent à l’arrière des jardins élaborés que l’on peut visiter une fois par an, le 3ème week-end de juin (du 19 au 21 juin 2015). Profitez-en pour admirer, au Musée de la Bible (Bijbels Museum) installé dans un de ces hôtels particuliers, le plafond représentant Apollon et les 4 saisons, de Jacob de Wit (1750), dont Le Polyptyque propose un dessin du même sujetau lavis d’encre brune.

Et que vous ayez vu ou non, l’an dernier, l’exposition Matisse, les Papiers découpés à la Tate Modern ou au MOMA, ne manquez pas l’exposition L'Oasis de Matisse, au Stedelijk Museum (jusqu’au 16 août 2015). Elle est ce que devrait être toute exposition, une joie pour les yeux et pour l’esprit.

Pour les yeux, depuis les œuvres fauves du tournant du siècle jusqu’au gigantesque papier découpé La Perruche et la Sirène (1953). Pour l’esprit, par les rapprochements opérés avec des œuvres qui montrent, de Malevitch à Rothko, combien Matisse, sans jamais prétendre au rôle d’un chef d’école, a néanmoins « libéré » la peinture. Au passage, il est fascinant de retrouver dans un Baigneur de Matisse (1909) ou un Baigneur, à nouveau, de Malevitch (1911), la même « force brute » que nous discernions dans un Nu de Léger (1911).