LE POLYPTYQUE EN  |  FR

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Biennale de Venise
31 août 2015

Si la Biennale vous attire à Venise, ne manquez pas les grands contemporains que sont Bellini, Titien, Tintoret, Véronèse, dans les lieux mêmes où ils ont œuvré. L’art avait alors une fonction et une destination, c’est cela qui s’est perdu et qu’il est émouvant, fascinant, de comprendre, tout autant et peut-être plus que le discours des commissaires d’exposition.

Bellini, à San Zaccaria, nous parle d’art, ou comment la peinture est aussi architecture et musique. L’Assomption de Titien, aux Frari, d’enthousiasme (au sens étymologique du terme) et de l’aspiration à une vie meilleure, éternelle. Tintoret, à San Cassiano, de nos cauchemars et de nos fantasmes, transfigurés par la théologie. Véronèse, à San Sebastiano, de martyre, de révolte et d’oppression, sur un fond où la futilité ce dispute à la vanité. Chacun de ces moments nous parle aussi d’aujourd’hui. Et puis, d’une formule sans doute trop facile, l’art est présent quand il est présence. L’art contemporain semble parfois si étrangement absent…


Le Triptyque de Moulins
18 août 2015

Les musées et les expositions offrent rarement l’occasion d’un tête à tête avec un chef-d’œuvre. Mais à Moulins, un matin tôt, vous pouvez avoir cette chance, dans la chapelle de la cathédrale, dûment sécurisée, qui abrite peut-être le plus beau tableau de la Renaissance française, qui à ce niveau ne le cède en rien à l’italienne, le Triptyque de Moulins.

On en ressort enchanté par la douceur et le naturel de la Vierge et de l’Enfant, la diversité dans l’unité des anges, l’aisance des Saints présentateurs, la réserve des donateurs, une gamme aussi étendue que subtile d’expressions, de textures, de couleurs.


La reine Theutberge vs Cindy Sherman
15 juillet 2015

Une galerie amie, Les Enluminures, vient d'acheter 2 M£, pour le compte du Metropolitan Museum, l'Evangéliaire de la reine Theutberge, un manuscrit du 9ème siècle.

L'occasion de s'interroger - brièvement, d'autres y ont consacré des livres, dernièrement Michael Findlay dans The Value of Art - sur la valeur de l'art, justement, ou plus modestement sur la valeur d'une oeuvre.

L'art ne s'étalonne pas, moins encore que l'entreprise, qui du moins tient ses comptes, ou l'immobilier, l'art au m² ne signifie rien. Les "indices" de l'art non plus, qui ne mesurent que l'art qui réussit à se revendre, mais omettent celui qui ne vaut plus rien - ce qui est le sort à terme de la très grande majorité de l'art contemporain, à toutes les époques.

La valeur d'une oeuvre, c'est au final sa beauté, sa rareté, son état, son histoire. La reine de Lotharingie qui, très probablement, y lisait les évangiles il y a 12 siècles, avait épousé un arrière-petit-fils de Charlemagne, Lothaire II. Le volume est complet, le vélin, le texte lui-même et la décoration remarquablement préservés.

Pour le même prix on pouvait récemment acheter, par exemple, une photographie noir et blanc de Cindy Sherman, tirée à 3 exemplaires, dans une série de 69 scènes réalisée tout à ses débuts...


London Art Week
4 juillet 2015

La London Art Week, début juillet, combine ventes publiques, chez Sotheby's, Christie's et Bonhams, et expositions dans les galeries du quartier de Mayfair. A cette occasion un article du Financial Times explique le regain d'intérêt pour l'art ancien, y compris chez les collectionneurs d'art contemporain.