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La collection Chtchoukine
2 janvier 2017

Les média nous ont donné les raisons d'aller voir, à la Fondation Vuitton, la collection Chtchoukine. S'il fallait n'en donner qu'une, ce serait de voir ou revoir le Déjeuner sur l'herbe de Monet.

C'est un des quelques tableaux au monde qu'il semble impossible de ne pas aimer, un tableau à contempler longuement, à détailler complètement, pour y trouver toujours de nouveaux bonheurs. De ceux dont aucune reproduction ne peut restituer la magie, plus encore : dont alors qu'il ne manque jamais d'émerveiller, aucune reproduction ne manque de décevoir, de choquer même. La vie n'y est plus, alors qu'elle est y est toute. 


Beyond Caravaggio
4 décembre 2016

Beyond Caravaggio, à la National Gallery de Londres, ne prétend ni révéler un savoir, ni renouveler une vision - de telles expositions sont-elles encore concevables ? Elle offre, simplement, une sélection intelligente d'oeuvres caravagesques conservées en Grande Bretagne et en Irlande. Mais une oeuvre a traversé l'Atlantique et pour elle, il faut traverser la Manche : le Saint Jean-Baptiste de Caravage lui-même, à Kansas City.

Un autre Caravage est venu de Dublin, L'Arrestation du Christ réapparue en 1993, toute de violence contenue, où l'articulation des formes, les jeux de lumière, la gamme chromatique concourent parfaitement à l'effet.

Enfin Le Repos pendant la fuite en Egypte d'Orazio Gentileschi, à Birmingham, amène à penser que si Caravage est désormais et depuis une cinquantaine d'années un incontournable de l'histoire de l'art, Gentileschi touche plus aisément notre sensibilité contemporaine. On est en présence, à certains égards, d'une "installation"... Voyez aussi le lit de Danaé, record de cet artiste en ventes publiques, qui vaut bien My bed, de Tracey Emin !


La collection Tessin
9 novembre 2016

Le Louvre expose la collection d’un amateur d’art contemporain…mais qui savait aussi apprécier l’art moderne, celui du siècle précédent, et même de l’art ancien.

Lors de ses différents séjours à Paris, entre 1714 et 1749, l’aristocrate suédois Carl Gustav Tessin achète Lancret, Pater, Boucher, Chardin, Oudry… Tableaux exécutés à la commande ou frais sortis de l’atelier, qui permettent après trois siècles ou presque de redécouvrir cette peinture dont le goût fut particulièrement cyclique : parfois décriée, puis qu’on redécouvre, cette fois encore, avec un vrai plaisir.

Mais Tessin achetait aussi des peintures du siècle précédent, par exemple une remarquable Jeune femme de profil de Rembrandt. Et des dessins plus anciens, dont une non moins remarquable Jeune femme aux cheveux tressés de Dürer.

De quoi susciter des vocations de collectionneur, peut-être !


Fantin-Latour
2 septembre 2016

Le Musée du Luxembourg accueille Fantin-Latour. On en retire l’impression d’un peintre sensible, parfois somptueux (le Portrait de Charlotte Dubourg). A certains égards l’anti-Cézanne, dont il est le contemporain. Ce dernier, portraiturant Vollard, lui demandait de « se tenir comme une pomme ». Fantin-Latour au contraire : « On peint les gens comme des pots de fleurs (…), mais l’intérieur ? L’âme est une musique qui se joue derrière le rideau de chair ».

A propos de pots de fleurs, il est intéressant de rapprocher une nature morte de 1862, Narcisses et tulipes, du Petit bouquet tricolore d’Odilon Redon, dans ce qu’on pourrait appeler la veine contemplative du symbolisme.