LE POLYPTYQUE EN  |  FR

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Tintoretto au Palais des Doges et à la Galleria dell'Accademia
26 octobre 2018

Pour qui se cherche une raison de céder à la tentation de Venise, la double exposition Tintoret (à la Galleria dell’Accademia, les années de jeunesse, et au Palais des Doges) devrait suffire. La première, mieux que la récente exposition du Musée du Luxembourg, replace l’émergence du peintre dans le contexte de la Renaissance troublée d’après le sac de Rome. La seconde réunit des chefs-d’œuvre venus des deux côtés de l’Atlantique – elle partira ensuite à Washington.

Le visiteur qui, comme la magie de Venise y incline, laisse sa pensée vagabonder et s’imprégner des œuvres, réalise à la fin que, sans Tintoret, et Rubens qui deux générations plus tard reçut de Venise la première révélation de l’art italien, point de peinture baroque telle que nous l’admirons. Regardez simplement le Miracle de l’esclave, du premier (1548) et le Massacre des innocents, du second (1612).


Les Impressionnistes à Londres, au Petit Palais
4 septembre 2018

Depuis quelques années, les expositions du Petit Palais sont un modèle du genre, tant par le sujet que la muséographie. Après Les Hollandais à Paris, Les Impressionnistes à Londres donc.

Vous passerez, comme les artistes eux-mêmes, du Paris dévasté de 1871 au Londres « that never sleeps », comme on le dit aujourd’hui de New York. Vous réaliserez que Monet, à ses débuts, n’est pas si loin de Tissot. Vous vous émerveillerez des 5 vues du Parlement par Monet, et de cette autre (Big Ben) par Derain, qui clôt l’exposition. Elle vient du Musée de Troyes et de ce collectionneur extraordinaire (et roi de la bonneterie) qu'était Pierre Lévy.

Tous les artistes n’avaient pas franchi la Manche. Boudin s’était réfugié en Bretagne, et y a peint un des paysages les plus attachants de la collection Le Polyptyque...


Monet et l'Architecture, à la National Gallery
1 juillet 2018

Ce blog prend un tour grognon. Après les expositions privées de contexte, les expositions pauvres en prétexte. Monet et l'architecture, c'est un titre accrocheur, pas un sujet. Monet se fichait de l'architecture, il s'intéressait à la lumière, à la couleur, à la dissolution de la forme quand l'architecture en est, au contraire, la cristallisation.

Ce n'est pas grave. On est content de voir ou de revoir le Boulevard des Capucines (1873) du Musée Pouchkine à Moscou, la Vue de Bordighera (1884) du Musée Armand Hammer à Los Angeles, La Maison du jardinier à Antibes (1888) du Musée de Cleveland, le Palais des Doges (1908) du Musée de Brooklyn - presque un Rothko.


Chagall, Lissitzky, Malevitch au Centre Pompidou
19 juin 2018

L'avant-garde russe à Vitebsk est le sous-titre de l'exposition, plus précis évidemment que l'alignement de grands noms censé attirer les foules. C'est un peu le probléme : Vitebsk fut un lieu éphémère, comme on dit aujourd'hui, un moment circonscrit, dans la Russie post-révolutionnaire, d'une ébulition artistique vite évaporée par l'émigration des artistes.

Deux regrets donc. L'un que cela nous prive d'un regard sur les artistes tout aussi importants basés, à la même époque, à Moscou (dont Pevsner) ou Saint-Petersbourg. L'autre, qu'on ne nous dise pas ce que sont devenus, par la suite, ceux restés en Russie.