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Cézanne et les maîtres. Rêve d'Italie 
24 April 2020

Ce blog ordinairement alimenté de voyages et d'expositions se tarit évidemment en temps de confinement. C'est le moment de lire ces catalogues d'exposition que peut-être nous n'avions que parcourus, ou de revenir sur la dernière exposition visitée.

Dans notre cas, Cézanne et les maîtres. Rêve d'Italie au Musée Marmottan. Cézanne et l'art italien donc et non pas Cézanne et l’Italie, car il n'y a jamais mis les pieds. Oui l'art italien, qu'il a connu par la gravure, puis la photographie, et dans les musées, l'a marqué, comme à son tour il a marqué l'art du 20ème siècle. Mais quel artiste n'en porte la marque, et qui n'a-t-il marqué lui-même ? A commencer par Picasso, Matisse...

Justement un tableau de jeunesse, Guillaumin assis sous un arbre (1865), enchante par la même liberté ravageuse que de Matisse un tableau de jeunesse également, le Paysage de Corse (1898) de la collection Le Polyptyque.

 


Naum Gabo à la Tate
31 January 2020

La Tate St Ives, avant-poste de la Tate en Cornouailles comme le Centre Pompidou Metz en Lorraine, met à l’honneur (jusqu’au 3 mai 2020) Naum Gabo, un des sculpteurs majeurs du 20ème siècle.

Une rare huile sur papier de cet artiste figure dans la collection Le Polyptyque, comme y a figuré un dessin de son frère Anton Pevsner. Naum Gabo a vécu quelques années en France, et son frère s’y était installé. Alors, à quand une exposition à Metz ?

 


Léonard ou Greco ?
24 January 2020

Alors, l’exposition Léonard, au Louvre… ? Eh bien, un peu décevante. Une dizaine de peintures du maître, quelques autres de ses disciples, qui ne sont pas à la hauteur. Comme Michel-Ange, et contrairement à Raphaël, Léonard avance seul, il n’a pas vraiment d’atelier. L’intérêt de l’exposition se déporte logiquement sur le plus intime, les dessins, les croquis, les annotations, et même le plus secret, le dessin préparatoire sous la peinture : beaucoup des peintures absentes sont représentées par la réflectographie. Dès lors, l’exposition trouve son véritable intérêt si on la voit comme une exposition Léonard dessinateur. Et très logiquement, c’est un dessin très pictural, ou si l’on veut une peinture juste esquissée, qui remporte la palme : La Scapigliata, soit l’Echevelée, venue du musée de Parme.

Et l’exposition Greco, au Grand Palais ? Magnifique malgré, ici aussi, un manque : aucun prêt du Prado. Mais le Prado, il n’est pas trop compliqué d’y aller. Alors que Chicago, Cleveland, Toledo (Ohio, mais aussi bien sûr Toledo la Castillane), d’où sont venus autant de chefs-d’œuvre… On voit très clairement comment un peintre de province (la Crète était alors une colonie vénitienne) devient un tenant de la Renaissance tardive, à Venise puis à Rome, et finalement le génie national d’un pays tiers, l’Espagne ; comment il invente un langage pictural qui n’est qu’à lui (avec un atelier certes, mais d’exécutants médiocres) et qui culmine dans la vision radicale, hallucinée, de l’Ouverture du cinquième sceau du Metropolitan Museum – une peinture qui ne sera vraiment comprise que 3 siècles plus tard, par Picasso ou les Expressionnistes.


Luca Giordano au Petit Palais
20 November 2019

Luca Giordano hérita du surnom taquin  « Luca Fa Presto ». Il peignait vite, il a vécu longtemps, il a beaucoup peint. Bien, néanmoins, ce que démontre l’exposition une fois encore remarquablement agencée du Petit Palais – dont les grands volumes se prêtent à des expositions plus aérées qu’à Jacquemart-André ou au Musée du Luxembourg, et plus aptes à recevoir de grands formats.

C’est aussi, dans la seconde moitié du 17ème siècle, le moins « local », le plus « italien » des peintres, mêlant à son apprentissage napolitain des influences vénitiennes et romaines, et donnant à la Florence de l’avant-dernier Médicis (puis à l’Espagne du dernier Habsbourg) certaines de ses plus belles fresques.

Un artiste éclectique, généreux, irrésistible, à l’art duquel on se « laisse aller », dans un mouvement au fond typiquement baroque. A la génération suivante, Francisco Solimena reprendra le flambeau de la grande peinture, tout en cultivant, à d’autres moments, une veine plus intimiste et classique dont témoigne le Repos pendant la fuite en Egypte de la collection Le Polyptyque....