LE POLYPTYQUE EN  |  FR

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Luca Giordano au Petit Palais
20 November 2019

Luca Giordano hérita du surnom taquin  « Luca Fa Presto ». Il peignait vite, il a vécu longtemps, il a beaucoup peint. Bien, néanmoins, ce que démontre l’exposition une fois encore remarquablement agencée du Petit Palais – dont les grands volumes se prêtent à des expositions plus aérées qu’à Jacquemart-André ou au Musée du Luxembourg, et plus aptes à recevoir de grands formats.

C’est aussi, dans la seconde moitié du 17ème siècle, le moins « local », le plus « italien » des peintres, mêlant à son apprentissage napolitain des influences vénitiennes et romaines, et donnant à la Florence de l’avant-dernier Médicis (puis à l’Espagne du dernier Habsbourg) certaines de ses plus belles fresques.

Un artiste éclectique, généreux, irrésistible, à l’art duquel on se « laisse aller », dans un mouvement au fond typiquement baroque. A la génération suivante, Francisco Solimena reprendra le flambeau de la grande peinture, tout en cultivant, à d’autres moments, une veine plus intimiste et classique dont témoigne le Repos pendant la fuite en Egypte de la collection Le Polyptyque....


Naum Gabo
8 October 2019

Une des joies de la collection peut être d’aligner des célébrités, des noms devenus comme des marques. Ce peut être aussi d’amener, ou de ramener, au jour de parfaits oubliés, ou méconnus. Il en est une autre, plus subtile, c’est de mettre, ou remettre, à leur vraie place, des artistes qui sans prendre toute la lumière, n’ont jamais non plus sombré dans l’obscurité, des artistes qui comptent vraiment dans l’histoire de l’art.

C’est le cas de Naum Gabo, dont une sculpture emblématique s’est vendue 420.000 £ au marteau (515.250 £ avec les frais), sur une estimation de 150/200.000 £, le 1er octobre dernier chez Christie’s. Le Polyptyque est heureux, après avoir vendu un dessin de son frère Anton Pevsner, d’exposer une des rares esquisses de Naum Gabo.


La collection Alana
1 October 2019

Les collections privées sud-américaines, peu connues il y a peu de temps encore, s’exposent maintenant à la manière des collections nord-américaines, et jusqu’en Europe : après la collection Perez Simon en 2010, et toujours à Jacquemart-André, la collection Alana (c’est-à-dire, d’Alvaro et Ana Saieh).

Très concentrée sur ce qu’on appelait naguère les « primitifs » italiens, les peintures à fond d’or et de la Renaissance, elle époustoufle par la quantité et parfois la qualité, une accumulation qui n’exclut pas quelques chefs-d’œuvre, et ce n’est pas un reproche. Une collection ne peut plus être composée que de chefs-d’œuvre, et ceux-ci s’apprécient aussi, mieux parfois, « noyés dans la masse ».

C’est en tout cas une occasion unique de capter la magie de cette peinture fine, colorée, qui veut bien faire et sait émouvoir, par exemple ce petit panneau du Trecento bolonais, ou ce Saint Jean du florentin Filippo Lippi. Dans ce registre, le Calvaire du siennois Ugolino di Nerio est une des fiertés de la collection Le Polyptyque...


Chefs-d’œuvre du Guggenheim, la collection Thannhauser
31 July 2019

L’Hôtel de Caumont est à Aix-en-Provence ce que Jacquemart-André est à Paris, un lieu préservé, dédié à l’art tel qu’on l’entendait du 15ème au 20ème siècle. On peut y voir, jusqu’au 29 septembre, une collection qui fut une galerie : la galerie Thannhauser à Munich, puis à Berlin, avant que le nazisme n’oblige Justin Thannhauser à fuir à Paris, puis à New York où, ami des plus grands artistes (Picasso, ...) et collectionneurs (Rockfeller, ...), il continuera, de son appartement de l’Upper East Side, d’acheter, vendre, collectionner les maîtres modernes.

Le Guggenheim est l’héritier de cette collection puisque, comme l’expliquera Justin Thannhauser, « après avoir vécu 500 ans en Allemagne, ma famille est éteinte ». L’art comme une flamme entretient le souvenir, et la joie aussi, d’admirer Manet, Cézanne, Seurat, Picasso... Ne manquez pas, si vous êtes dans la région, de vous y réchauffer l’âme (et rafraîchir la nuque, merci la clim).